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Les recherches démontrent qu’il n’y a pas d’augmentation du risque de décès lors d’une opération d’urgence de nuit

 

 

Bonne nouvelle pour les patients qui doivent subir une opération d’urgence en dehors des heures de travail puisqu’une étude effectuée à l’Hôpital général juif ne démontre aucune relation significative entre le moment de la journée où l’opération est effectuée et la mortalité postopératoire.

Montréal, 17 septembre 2018 — Une étude effectuée à l’Hôpital général juif (HGJ) de Montréal a conclu que les patients qui subissent une opération d’urgence pendant la nuit ne sont pas plus à risque de mortalité que ceux qui sont opérés pendant la journée. Les résultats préliminaires de l’étude avaient été présentés lors du Congrès mondial des anesthésistes, à Hong Kong, et du congrès de l’American Society of Anesthesiologists, à Chicago, en 2016, et viennent d’être publiés dans la revue Anaesthesia.

« Des études antérieures avaient démontré un lien entre le moment où les opérations débutaient et la mortalité lors d’opérations non urgentes, mais nous avions remis en question leur méthodologie », a déclaré l’auteur principal, le docteur Michael Tessler, anesthésiologiste à l’HGJ et professeur agrégé en anesthésiologie à l’Université McGill.

Au sein de la communauté médicale, ça fait longtemps qu’un débat fait rage à savoir si les patients qui subissent une intervention chirurgicale pendant la nuit sont plus à risque que ceux qui sont opérés pendant la journée.

Le docteur Tessler et ses coauteurs ont évalué plus de 10 400 opérations d’urgence réalisées sur plus de 9 300 patients de l’HGJ sur cinq ans (2010 à 2015). Ils se sont intéressés aux opérations d’urgence parce que celles-ci ne pouvaient pas, par leur nature, être planifiées et devaient être effectuées lorsque la situation se présentait. Il n’y avait donc aucune possibilité de choisir l’heure du jour à laquelle elles étaient effectuées. L’enquête n’a démontré aucune différence statistiquement significative entre l’heure de l’opération, ou si la situation d’urgence était survenue un jour de semaine ou pendant la fin de semaine, et la mortalité. La mortalité était plutôt associée à l’âge du patient, à son état physique et à l’urgence de l’intervention. Parmi les patients pour qui nous avions des données complètes, 2,3 % sont décédés dans les trente jours suivant l’opération d’urgence.

« La fatigue est reconnue comme étant un facteur de rendement dans un bon nombre de disciplines. Il nous semblait donc important de déterminer si les statistiques sur la mortalité indiquaient qu’elle jouait un rôle lors des opérations se déroulant la nuit. De plus, nous voulions savoir si les opérations de nuit pouvaient être affectées par des ressources sur place limitées par rapport aux équipes de jour », a déclaré le docteur Tessler. « Nous nous sommes intéressés exclusivement aux opérations d’urgence parce que, à l’Hôpital général juif, nous n’effectuons pas d’opérations planifiées en dehors des heures de travail. C’était donc une occasion de comparer seulement les opérations qui doivent être effectuées lorsque la situation se présente, ce qui signifie que nous avons comparé des interventions chirurgicales ayant des profils de risque semblables. Dans l’ensemble, il y avait une incidence plus élevée de résultats négatifs lors des opérations d’urgence par rapport aux opérations planifiées. »

Les chirurgiens travaillant de nuit, ou qui sont de garde, sont habitués à demeurer alertes et à répondre aux situations d’urgence lorsqu’elles surviennent. Il n’est donc pas nécessairement surprenant que les taux de mortalité ne soient pas affectés par l’heure de l’opération. Néanmoins, compte tenu de la notion intuitive voulant que les travailleurs qui alternent les quarts de travail présentent des perturbations dans leur rythme de sommeil normal, il est rassurant d’avoir des preuves qui démontrent que les médecins et les autres membres essentiels du personnel sont prêts à intervenir pour accomplir les tâches les plus stressantes et complexes chaque fois que le besoin se fait sentir.

The association of time of emergency surgery — day, evening or night — with postoperative 30‐day hospital mortality [Le lien entre le moment d’une opération d’urgence — jour, soir ou nuit — et la mortalité hospitalière postopératoire à 30 jours], M. J. Tessler, L. Charland, N. N. Wang, J. A. Correa, Anaesthesia
doi.org/10.1111/anae.14329
Étude présentée en partie lors du Congrès mondial des anesthésistes, à Hong Kong, en septembre 2016, et du congrès de l’American Society of Anesthesiologists, à Chicago, en octobre 2016.

 

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Tod Hoffman
Agent des communications en recherche
Institut Lady Davis
Tél. : 514 340-8222, poste 28661
Courriel : tod.hoffman@ladydavis.ca

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